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Concevoir à rebours avant la spécification : repenser les matériaux dans une économie de design circulaire

Three women in a showroom promoting landfill reduction

Gracia Anderson with Washington teammates Sue Parson and Allison Birkmeyer

By Frances Phillips,

Senior Content Marketing Manager

Published by: Shaw Contract

July 22, 2026

Le design biophilique d’un centre de cancérologie de Houston offre de l’espoir aux patients


Et si la partie la plus importante d’un projet n’était pas ce que l’on installe, mais plutôt ce que l’on récupère?


Alors que les organisations repensent leurs espaces au fil des cycles de rénovation, des stratégies de retour au bureau et de la pression croissante visant à réduire le carbone intrinsèque, une nouvelle question s’impose : qu’advient-il de tout ce qui est déjà en place? La prochaine étape du design durable ne repose pas sur ce qui est nouveau, mais sur ce qui existe déjà.


Cette question est au cœur du travail de Gracia Anderson, spécialiste de la récupération chez Shaw Contract dans le Nord-Ouest du Pacifique. Qu’il s’agisse de réinvestissements dans des environnements de travail comme Sound Transit ou de rénovations dans le secteur de l’enseignement supérieur, elle aide les équipes à considérer les matériaux existants comme un point de départ plutôt que comme une contrainte.


Pour Anderson, cette façon de voir les choses a commencé très tôt. En grandissant, elle a vu un lac qu’elle aimait se transformer à mesure que le développement s’intensifiait dans la région. Ce fut l’une de ses premières prises de conscience concrètes du lien entre les décisions humaines et leur impact sur l’environnement. Cette expérience continue aujourd’hui d’influencer sa façon d’aborder son travail : non seulement comme un défi de design, mais aussi comme un enjeu systémique.


Chez Sound Transit, cette approche a permis de détourner près de 34 tonnes de carreaux de tapis de l’enfouissement, en les récupérant et en les préparant à une nouvelle utilisation à grande échelle. Anderson estime que ces résultats ne sont pas distincts du processus de design : ils en sont le fruit. Son travail vise à créer des solutions qui rendent la récupération pratique, mesurable et reproductible. Dans cette séance de questions-réponses, elle explique comment cette approche se traduit en actions concrètes et ce qu’il faut pour transformer les matériaux existants en solutions tournées vers l’avenir.

Installation of black carpet tiles in a commercial space

Processus de récupération | Favoriser une économie circulaire

Installation of black carpet tiles in a commercial space

Processus de récupération | Favoriser une économie circulaire

Vous avez travaillé sur des projets dans les secteurs des entreprises, de l’éducation et des établissements de santé, chacun présentant des exigences de performance différentes. Qu’est-ce qui vous a attirée vers cette carrière chez Shaw Contract?


J’ai rejoint Shaw Contract en juin 2024 après avoir obtenu un baccalauréat ès sciences en études environnementales de l’Université de Washington. Ce qui m’a immédiatement attirée vers l’entreprise, c’est la possibilité d’occuper un poste de début de carrière qui me permettait d’avoir un impact concret et tangible. Je ne faisais pas que mesurer le carbone ou l’impact environnemental : je contribuais à créer une demande pour des produits en fin de vie.


Saviez-vous dès le départ que vous vouliez vous concentrer sur la récupération et la durabilité, ou cette passion s’est-elle développée avec le temps?


Mon intérêt pour le détournement des déchets de l’enfouissement remonte à mon enfance. Je passais mes étés dans le nord de l’Idaho, où je pêchais beaucoup de poissons directement depuis le quai de notre chalet. Je devais avoir environ 10 ans lorsque les poissons ont disparu. Le développement s’était intensifié dans la région, et mon père m’a expliqué comment la croissance et les changements pouvaient avoir des répercussions sur le lac. C’est la première fois que j’ai compris à quel point les choix humains pouvaient affecter directement les endroits que nous aimons.


Cette expérience ne m’a jamais quittée et a certainement façonné mon intérêt pour le domaine de l’environnement. Ma passion pour le recyclage s’est développée plus tard. À l’université, j’ai été embauchée pour faire du lobbying en faveur de politiques de responsabilité élargie des producteurs (REP) et j’ai appris que seulement 11 % des matières destinées au recyclage dans l’État de Washington étaient réellement recyclées. Savoir que des matériaux étaient présentés comme recyclables alors qu’ils finissaient malgré tout aux déchets m’a donné l’impression d’une véritable trahison. C’est ce que j’apprécie le plus dans mon rôle chez Shaw Contract : l’entreprise assume pleinement la responsabilité de l’ensemble du cycle de vie de ses produits.


Pouvez-vous décrire votre rôle de spécialiste de la récupération et à quoi ressemble une journée typique pour vous dans le Nord-Ouest du Pacifique?


On me pose souvent cette question et, en toute franchise, il n’existe pas vraiment de journée typique. En tant que spécialiste de la récupération, mes journées combinent résolution de problèmes et création de relations. Mon travail varie selon les projets en cours dans la région.


Certains jours, je suis sur les chantiers avec les entrepreneurs pour effectuer des visites. D’autres jours, je rencontre des designers et des utilisateurs finaux afin de les aider à comprendre comment la récupération peut s’intégrer à leurs objectifs de durabilité.


Un aspect du travail que les gens ne voient pas toujours, c’est tout l’effort consacré à retracer nos grandes installations existantes. J’essaie d’être proactive auprès des clients afin qu’ils sachent que nous souhaitons récupérer leurs matériaux lorsqu’ils seront remplacés.


Mes journées sont donc un mélange d’éducation, de création de relations et de travail d’enquête. L’objectif demeure toujours le même : rendre la récupération aussi simple et accessible que possible.

EcoWorx carpet tile recycling process with forklift
EcoWorx carpet tile recycling process with forklift

Qu’est-ce qui distingue la grande région du Nord-Ouest du Pacifique en matière de récupération des tapis et d’initiatives de durabilité?


Le Nord-Ouest du Pacifique possède une culture où les gens accordent une véritable importance à la nature — aux littoraux, aux lacs, aux forêts et aux montagnes. L’environnement fait profondément partie du mode de vie de la région. Lorsque j’explique que le recyclage des tapis peut détourner des milliers de livres de matériaux des sites d’enfouissement, les gens en comprennent immédiatement les avantages, surtout lorsque le processus est simple. Cet état d’esprit est présent dans toute la région, de Seattle à Spokane.


Quelles sont certaines des idées fausses les plus courantes que vous rencontrez au sujet du recyclage des tapis?


Deux des principales préoccupations que nous entendons concernent le rythme du projet et l’espace disponible. L’une des idées fausses les plus fréquentes est que les programmes de récupération exigent des volumes minimums très élevés. Beaucoup de gens pensent qu’il faut remplir un camion complet. En réalité, nous n’avons besoin que d’une seule palette, ce qui nous distingue de nombreux autres programmes de récupération.

Nous pouvons offrir cette flexibilité grâce à nos centres de distribution régionaux et à notre réseau de transport existant. Cela rend les récupérations de plus petits volumes possibles et ouvre le programme aux projets de toutes tailles.

Une autre idée fausse est que le recyclage coûte nécessairement plus cher. Souvent, les frais d’enfouissement peuvent dépasser les coûts de main-d’œuvre supplémentaires liés à la préparation des matériaux. À Seattle, nous avons vu des économies pouvant atteindre 60 000 $ grâce au détournement des matériaux de l’enfouissement. À mesure que les frais d’enfouissement augmentent, les programmes de récupération et de recyclage peuvent générer des économies substantielles pour les projets.

Comment aidez-vous les clients à comprendre le cycle de vie complet des tapis et l’importance d’une gestion responsable en fin de vie?


Je m’efforce de rendre l’impact concret. La plupart des gens ne réalisent pas à quel point les tapis peuvent être lourds. J’explique aux clients la différence entre envoyer des milliers de livres de matériaux à l’enfouissement et les réintégrer dans une économie circulaire. Non seulement nous réduisons la quantité de déchets envoyés à l’enfouissement, mais en utilisant moins de matières premières vierges, nous contribuons également à réduire le carbone intrinsèque de nos futurs produits.


J’explique aussi les avantages pratiques, notamment les économies potentielles. J’utilise un calculateur qui aide les clients à estimer la différence de coût entre le recyclage et l’enfouissement. Une fois qu’ils comprennent les répercussions environnementales et financières, ils considèrent souvent notre programme comme une décision d’affaires judicieuse, et non simplement comme une étape supplémentaire.